dimanche 19 juin 2016
par  Jean Colomier

Joyeuses poules !

La proposition de poulailler dans les jardineries ne serait pas qu’un effet de mode. La présence de poules à proximité des logements a un rôle économique et écologique certain. C’est ce qui motive de plus en plus de collectivités territoriales à faciliter la "poule attitude" à leurs administrés.

Une nouvelle mode ?

Avez-vous remarqué dans les jardineries la présence d’une offre poulaillers : modèle mini d’appartement (sur balcon ?) ou résidence multi-poules avec parc grillagé. Si vous faites une recherche internet avec le simple mot « poulailler », une avalanche de rubriques vous informera sur le sujet, parfois même avec le mémo d’économie associé (Combien ça coûte d’avoir des poules : le budget à prévoir ?), et même le stress budgétaire : des poules sans poulailler ce n’est pas envisageable ; ce n’est pas forcément un bon calcul de lésiner sur la qualité du poulailler et de s’orienter vers un modèle pas cher.

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Une utilité économique et écologique démontrée

Pourquoi ce regain d’actualité pour les poules pondeuses ? Vous le savez sûrement, mais ces chers gallinacés picorent…goulûment : ils se satisfont de tous nos déchets comestibles qu’ils transforment en œufs frais ou pot formule Henri IV.

Certaines municipalités et intercommunalités ont fait leur calcul en termes de collecte de déchets (en moins) et incitent dorénavant à une « poule attitude ». Ainsi l’opération poule de l’agglomération de Versailles Grand Parc en 2016 a connu un succès immédiat. On peut regarder aussi la video de l’opération poule du JT de février 2015 en Vendée

Concrètement c’est quoi ?

En région parisienne la ville de Chatillon (33 000 habitants) a fourni à 20 foyers sélectionnés 2 poules et un poulailler en échange de quoi le foyer s’engagera à adopter les poules pendant 3 ans et à peser ses déchets donnés aux poules pendant 6 mois. La participation est de 20€ par foyer.

Les poules présentent de nombreux avantages, complémentaires aux composteurs « classiques » : elles sont friandes de l’ensemble des restes alimentaires, y compris viandes et poissons, et donnent en contrepartie de bons œufs (plus de 150 par an et par poule !). Le bénéfice environnemental en termes de réduction des déchets est évident. Chaque couple de poule ingurgiterait environ150 kilos de déchets par an.
Chaque foyer aura ainsi le plaisir de manger les 300 œufs frais annuels pondus par ses deux poules et s’engagera à peser les déchets donnés aux poules pour estimer la potentielle baisse de la taxe des ordures ménagères.

Il s’agit là d’un véritable contrat : le foyer s’engage à prendre soin des poules et de leur bien-être, les protéger contre d’éventuels prédateurs ; prévoir l’espace et les aménagements nécessaires, etc …

Avantage poules sur compost…

Un article du Parisien sur les poules municipales du village (3500 habitants) de Cerny calcule l’intérêt du traitement des déchets alimentaires par les poules.

Petit poulailler n’est pas basse-cour

Dans le petit jardin soigné d’un pavillon francilien, il faut éviter les coqs qui par leur chant matinal pourraient nuire à vos relations avec le voisinage et limiter ses troupes car la fiente des poules est un si bon engrais qu’il n’en faut pas trop. En respectant la proportion de deux poules par petit jardin elles peuvent avoir rôle fertilisant et phytosanitaire pour le jardin en sus de réduire les déchets ménagers. C’est ce qu’estime le groupe "Incroyables comestibles de Courdimanche" commune très pavillonnaire voisine qui pratique la poule municipale depuis plusieurs années.

"Tous les excréments peuvent être compostés et utilisés pour fertiliser les sols ". "Les poulets mangent toutes les arthropodes à leurs trois stades : adulte, larve (chenille) et œuf, sans compter les limaces".(...) Les poules en liberté à l’automne nettoieront le jardin pour le printemps suivant : Elles mangeront les fruits malades tombés au vent eti tous les insectes nuisibles hivernant sur l’herbe. .Tôt le printemps quand les mauvaises herbes commencent à germer et que les insectes deviennent actifs elles réduirons la quantité de mauvaises herbes et d’insectes nuisibles pour toute la saison.

En y réfléchissant bien...

Le 20 juin 2002 fut déposé à la SACEM « les poules municipales », un texte rapidement mis en musique et rarement interprété par Pierre GALLIEZ. Une chanson qui voulait faire rire et réfléchir : pour éliminer les déchets alimentaires, préférez les poules municipales aux incinérateurs, et naturellement n’oubliez pas d’élever quelques poulets…

Présentée sur internet, cette chanson suscita peu de réactions.

Mais maintenant quelle est votre réaction ?


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