10 ans et après ? L’éducation - Où et quand intervenir pour être le plus efficace ? (un rôle majeur pour la ville)

mercredi 12 décembre 2018
par  Gérard Bommenel
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Le décrochage scolaire régresse en France mais 80000 élèves sortent encore du système scolaire sans qualification. Une étude d’Octobre 2018 du CNESCO (Conseil national d’évaluation du système scolaire) montre par ailleurs une certaine inadéquation des ressources mises en œuvre par l’éducation nationale par rapport aux besoins sur les territoires d’Ile de France. Si les banlieues résidentielles favorisées sont bien traitées, dans les zones défavorisées les efforts de moyens des politiques d’éducation prioritaire destinées à compenser leurs difficultés ne sont pas à la hauteur des enjeux. Le manque d’enseignants expérimentés remplacés dans ces territoires par des non titulaires inexpérimentés entraîne même un effet contraire.
Dans ces conditions Pontoise Ensemble interrogeait sur la communauté territoriale la mieux placée pour compenser ces inégalités des chances et sur les pistes qui lui permettraient de donner des chances égales à tous.

Quelle collectivité territoriale porte le plus longtemps, sous l’égide de l’Education nationale, la responsabilité de l’éducation des jeunes pontoisiens ?

Cette question destinée à faire réfléchir les participants sur les responsabilités des différents niveaux administratifs demandait de choisir entre :
 le Conseil régional
 le Conseil départemental
 la Ville et son Conseil municipal

Dans les faits la Ville assure la responsabilité de la vie scolaire et périscolaire durant les 3 années de Maternelle et les 5 années du Primaire, le Conseil départe-mental durant les 4 années du Collège et le Conseil régional durant les 3 années de lycée. La Ville est aussi à l’initiative des actions porteuses de développement de la jeunesse après le Primaire, qu’elles soient sociales, culturelles, sportives ou simplement associatives. C’est donc la ville qui porte le plus longtemps (8 ans) la responsabilité de l’éducation des jeunes Pontoisiens.

A quel niveau doit-on intervenir en priorité pour donner des chances égales à tous, quels que soient les origines, le milieu familial, le sexe, et pour prévenir l’échec scolaire ?

Le questionnaire de Pontoise Ensemble demandait de classer les niveaux d’intervention suivant par ordre d’importance
 La crèche
 La maternelle
 Le primaire
 Le collège
 Le lycée
 Soutenir individuellement à chaque niveau l’élève en difficulté

Le graphique des réponses montrait un fort consensus pour agir au plus tôt.
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Bon premier la maternelle remportait 41,4% des suffrages,avec la crèche on atteignait près de la moitié des avis et l’ensemble crèche, maternelle, primaire où la ville intervient se hissait presque aux trois quarts des citations. Les participants rejoignaient là les préconisations de l’institut Montaigne qui en 2016 préconisait la priorité aux premières années d’apprentissage de l’enfant dans les programmes préscolaires pour donner des chances à tous. Certains intervenants dans le débat qui suivit pensaient même que l’on devait intervenir dès la crèche pour les enfants des couches les plus défavorisées afin d’améliorer leur maîtrise de la langue et faciliter ainsi leur intégration dans les petites classes. Dans cet esprit, l’ANSA (Agence nationale des Solidarités Actives) teste actuellement dans les crèches de la ville de Conflans le programme Parler Bambin qui a déjà été expérimenté avec succès dans plusieurs grandes villes. C’est une approche pédagogique innovante, qui grâce au renforcement de la confiance et l’estime de soi, favorise la conversation des jeunes enfants en laissant chacun d’eux s’exprimer.
Le deuxième choix se portait sur une aide spécifique aux élèves en difficulté afin d’apporter une aide plus personnalisée afin d’éviter le creusement d’écart rédhibitoire qui ne peuvent que s’amplifier a fil des années.
Curieusement le collège et le lycée n’étaient pas cités sans doute parce que le public pensait que les écarts majeurs y étaient déjà bien installés et plus difficiles encore à résorber. Pour le secondaire, les participants mettaient plus en avant le travail de soutien scolaire réalisé notamment par les associations de bénévoles et le travail en groupe comme facteurs de lutte contre le décrochage.
On nous a aussi reproché de ne pas avoir inclus l’enseignement supérieur dans nos choix en arguant à juste titre que là aussi l’échec était plus fort pour les classes les plus populaires. De même nous aurions dû inclure la culture dans notre questionnement car elle est indispensable dans l’éducation dans la mesure où elle crée des liens.

Les réponses à ces deux interrogations mettent en évidence la responsabilité d’une ville et de son conseil municipal dans la lutte pour l’égalité des chances et la prévention de l’échec scolaire. Elle est la communauté territoriale qui soutient le plus longtemps l’éducation nationale. Elle le fait au début de l’apprentissage, un moment crucial où tout se décide et où une les actions de soutien favorisant l’égalité des chances sont les plus efficaces. Il serait temps que Pontoise ne se contente plus des mesurettes actuelles qui peinent à porter leurs fruits et mette en œuvre les dispositifs de soutiens véritables qui ont fait leur preuve ailleurs.

Pour en savoir plus : Rentrée scolaire : prévenir l’échec.


Article Pontoise Ensemble - Décrochage scolaire : quel rôle de la société hors éducation nationale ?

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