Aux Louvrais, une soirée de réflexion sur les discriminations

mardi 19 novembre 2019
par  Bénédicte ARIES
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Nous étions plus de soixante-quinze dont une moitié de jeunes au spectacle débat organisé mercredi 30 octobre par la maison de quartier des Louvrais sur le thème des discriminations. Un court spectacle du Théâtre en stock a fait le tour des situations de discrimination courante pour inciter au débat.

Il est significatif que ce soir-là les pré-adolescents et adolescents soient très vite passés du concept de discriminations, pour lesquels on les croit un peu à l’abri, à celui de harcèlement. C’est manifestement ce qu’ils subissent de plein fouet..

Théâtre pédagogique

« Tous égaux devant les différences » est une pièce courte, avec un dispositif scénique minimal . Un fond noir, trois acteurs : en trente minutes deux hommes et une femme ont fait le tour des discriminations vécues dans notre société. Quelles soient de genre, de race, de culture, de religion, d’orientation sexuelle, de look, de physique, avanies subies directement ou sur les réseaux sociaux, entre adultes comme entre enfants, toutes ces discriminations ont été passées au scanner de divers sketches, parfois humoristiques. La première phrase des articles un et deux de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 f fut même l’occasion d’un sketch .Et pourtant "Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droit" "sans distinction aucune, notamment de race, de sexe, de couleur, de religion ou d’opinion politique ou de toute autre opinion" cela ne devrait pas sembler périmé !

Un riche débat

Le débat était animé par M. Laouer, intervenant spécialisé de la Fédération des Centres socio-culturels du Val d’Oise qui a su répartir équitablement la parole entre adultes et enfants. La définition fut difficile à établir. La discrimination est une attitude de tri qui n’est pas mauvaise en soi (on trie beaucoup de choses) mais elle le devient quand on trie les personnes, désignant une personne ou un groupe de personnes « différente des autres » « pour dire des méchancetés » comme ont déclaré les enfants.
Les discriminations les plus débattues furent les discriminations raciales, homosexuelles, religieuses et celles ciblant toutes les formes de handicap.

Il fut rappelé que le 4e valeur de la République était la laïcité qui rend inacceptable toute discrimination religieuse et qu’il fallait les contrer par « la connaissance mutuelle et les rencontres », par « le vivre ensemble ». « Quand on demande à l’autre de changer c’est de l’intolérance » a relevé une adulte. Evoquant l’homosexualité, une fillette a relevé : « il faut accepter, respecter : chacun est libre de faire ce qu’il veut à condition de ne pas nuire aux autres ». L’animateur a souligné qu’il fallait réagir vite quand on apprenait qu’un jeune est rejeté par sa famille « c’est une urgence sociale absolue ». Une femme a rappelé que « la volonté politique doit donner le ton à la société » et que ce n’était pas toujours le cas et qu’on pouvait « agir par le vote ». Les discriminations envers les personnes âgées ne furent pas oubliées « cela les rend solitaires : il faut des résidences et des activités inter-âges ». Un encadrant sportif a souligné que « la loi sur l’accessibilité a été zappée », qu’il fallait mettre en place « l’équité, c’est mieux que l’égalité ».

« pourquoi n’avons-nous pas honte d’avoir ri ? »

Invités à réfléchir ensuite au fait qu’on avait ri du sketch se moquant d’une grosse via les réseaux sociaux mais pas de celui de l’homme en fauteuil roulant qu’on fuit, quelques enfants ont distingué l’importance du contexte du spectacle ce soir là. D’autres ont relevé celle du sentiment de proximité dans la vie courante : on rit entre copains des autres et mais « le mauvais goût c’est quand une blague me fait mal, à moi ou à mon ami (mon frère...) ».

Le harcèlement entre enfants

Les enfants et adolescents des deux sexes se sont alors emparés du débat : « quand ça se répète c’est du harcèlement "avec ou sans réseaux sociaux." « Il faut en parler pour pas que ça se répète » « prendre sa défense ». « Quand on discute, on se connait et on n’a plus peur » (de l’autre, de son orientation sexuelle) et du coup « on comprend qu’on a fait du mal alors qu’on voulait juste faire l’intéressant ».

Le constat juvénile était que "C’est très difficile pour eux "de s’opposer au harcèlement car « tout le monde se fait influencer" car "il risque de perdre ses amis celui qui prend le parti de la victime ». Le modérateur a alors introduit la notion juridique de complicité passive en rappelant qu’en cas de drame parce qu’un enfant se fait harceler « pour le juge, il n’y a pas que le harceleur, tout le monde est coupable ».

Une maman « les parents doivent répéter aux enfants pendant toute leur jeunesse qu’ils ne doivent pas faire du mal à l’autre, même pour intégrer un groupe ». Une autre a conclu la soirée d’un appel vibrant qui sentait un douloureux vécu : « ce qui fait durer le harcèlement c’est l’inaction des témoins : enfants, faites votre devoir de solidarité, allez contre l’effet de masse, ne soyez pas des suiveurs, vous pouvez être influenceurs ! ».

Le centre socio-culturel de la Maison de quartier des Louvrais a réalisé ce soir là une belle action de sensibilisation à la lutte contre les discriminations. En moins de deux heures, chacun a eu l’occasion de prendre conscience du rôle qu’il pouvait jouer face à ces discriminations destructrices du lien social qu’il soit parent, enfants, simple témoin ou même éducateur.


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