Dix listes mais sept professions de foi pour les régionales IDF

vendredi 11 juin 2021
par  pontoisensemble
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Elections Régionales : J – 10
L’enveloppe informative officielle des élections régionales vient d’arriver et chaque électeur pontoisien peut examiner les propositions des forces en présence. Pontoise ensemble y ajoute son décodage local ici pour la déclinaison des « bleus » du marine, au turquoise….

Les électeurs n’ont reçu que sept professions de foi, certaines listes ne se sont manifestement pas donné les moyens de leurs ambitions, c’est-à-dire d’informer démocratiquement l’ensemble des électeurs.

La liste RN qui appelle à "s’exprimer "

Qui s’étonnera que le titre de la liste soutenue par Mme Le Pen s’intitule « le choix de la sécurité » ? L’argumentaire porté par M. Jordan Bardella , conseiller régional sortant et par ailleurs député européen peu impliqué dans sa mission, est court, à peine décliné pour l’Ile de France dont les enjeux sont pourtant bien spécifiques !

Pour l’essentiel, il s’agit de subventionner l’achat de matériel pour les forces de l’ordre, de déployer deux agents de sécurité armés dans chaque gare et station de métro, le tout bien sûr en promettant de « baisser la fiscalité « et de « refuser l’écotaxe régionale défendue par Mme Pécresse » qui promet pourtant elle-aussi le « zéro hausse d’impôt » …

Même si la profession de foi arrive à caser le concept « écologie qui respecte les territoires », la bétonisation des terres agricoles, l’ amélioration de la qualité de l’air et de l’eau que permettrait une commande locale et écologique des cantines lycéennes et universitaires, ne sont pas des enjeux significatif pour le RN ex FN. Désertification médicale, desserte en transport en commun de l’ensemble du territoire, et évolution des modes de déplacements ne rentrent pas plus dans ce programme RN.

Pontoise Ensemble signale une légère convergence du RN avec le programme de la liste de la présidente sortante : pour M. Bardella « le rééquilibrage territorial entre Paris et le reste de la région » passe par un alléchant « 1€ investi dans la métropole pour 1€ investi dans la ruralité » tandis que pour Mme Pécresse cela devient « 1 € sur 2 pour l’environnement ».

Un appel hyper-personnel à l’émotion des électeurs pour pouvoir continuer

Valérie Pécresse présente sa candidature en tête de la longue liste de ses co-candidats sur un ton très personnel « Pour vous, de toutes mes forces ». C’est que la présidente sortant de la région Ile-de-France veut continuer son action. Ce premier mandat de six ans à la tête de la région la plus riche de France ne lui a pas suffi pour organiser une meilleure police régionale des transports, pour aider les jeunes en insertion à avoir le permis de conduire, pour baisser le prix du repas dans les cantines de lycées pour les familles défavorisées, pour indemniser automatiquement les voyageurs en cas de baisse de ponctualité, pour se faire certifier 1re région de France anti-corruption…

Remarquons que dans les 23 candidats de la section des candidats du Val d’Oise, nous retrouvons bien Mme Von Euw, la maire de Pontoise, déjà vice-présidente . précédée par la maire de Taverny elle aussi vice-président régionale sortante, et le maire de Franconville. Elle est suivie du maire de Garges–les-Gonesse, d’une adjointe au maire à Argenteuil, du maire de Villiers-en-Arthies, et président de sa communauté de commune (enfin une commune vexinoise) ! On ne sort des élus majoritaires dans leur commune qu’avec Mme Rocard-Hibon, cheffe du Samu 95, avant de retrouver le maire d’Eragny, la 1re adjointe de Cormeilles, un adjoint à Enghien, une 1re adjointe à Margency…et le maire de l’Isle-Adam… En bref, une liste d’élu locaux qui sont cooptés pour surtout continuer comme avant « de toutes les forces » de Mme Pécresse .

Elle s’inspire de la « ville à 15 minutes » un slogan PS parisien avec son « Tout à 20 mn dans les territoires ruraux » mais aussi de l’extrême droite dans le refus des logements locatifs sociaux à peine modulé par un « là où il y en a déjà plus de 30% ».

C’est refuser de prendre en compte les difficultés sociétales des communes pauvres de la petite couronne face à l’inertie HLM des communes riches : celles-ci préfèrent payer des amendes conséquentes plutôt que de construire des logements accessibles à leurs nombreux « premiers de corvée », aides soignants et aidants à domicile, infirmiers, caissiers, réparateur, pompiers, enseignants… Est-ce vraiment cette Région Ile-de- France là qui doit perdurer ?

Envie d’Ile-de-France : pas trop bleu mais surtout pas trop vert

Fidèle à son refus du simpliste dualisme politique, gauche-droite, la majorité présidentielle LREM se présente pour la 1re fois aux élections régionales. La liste, menée par Laurent Saint-Martin réfugié du Parti socialiste, puise ses candidats dans les dissidents de la cuvée 2014, provenant des deux bords, ainsi que dans les récents élus municipaux promouvant cette étiquette attractive pour le vote légitimiste. C’est que la tentation est toujours grande pour les électeurs indécis de voter du côté présidentiel.

C’est celui du pouvoir le plus haut de notre vie politique ultra-hiérarchisée. On n’ose plus dire démocratique ni parlementaire tant elle est dominée par la toute puissance présidentielle avec un parlement « godillot » puisqu’élu dans l’immédiate foulée du vainqueur sans la moindre touche de proportionnalité. L’objectif de la loi du 15 mai 2001 a été pleinement atteint : elle avait prolongé le mandat parlementaire pour placer le renouvellement parlementaire juste après l’élection présidentielle. Cela ne changerait qu’en cas de dissolution anticipée de la dite assemblée, ce qu’aucun président de la République n’aura l’abnégation de faire, tant cela l’obligerait à nouveau à tenir compte d’un parlement pluraliste. Mais notre démocratie en souffre énormément et la conviction qu’il ne vaut plus la peine d’aller voter grandit dans toutes les classes d’âge et les classes sociales. On peut y voir une des raisons de l’abstention grandissante.

Sur notre secteur vexino-cergypontin, on repère quelques noms ayant souvent commencé leur parcours politique à gauche. Un député LREM ex- conseiller régional EELV, Guillaume Vuilletet, une conseillère sortante minoritaire, ex EELV, Juliette Espargilière, un ancien attaché parlementaire du PS Dominique Lefevre, devenu élu municipal à Vauréal Victorien Lachas...

Constat commun avec les listes de gauche : l’Ile de France est la plus riche, mais aussi la plus inégalitaire et la plus peuplée et la plus jeune du territoire métropolitain. D’où la promesse d’une « révolution des transports en commun », mais avec des primes à la voiture électrique privative qui ne sont pas la meilleure des solutions pour les franciliens de grande couronne ! LREM promet « d’accompagner les jeunes » avec autant de mentor que de jeunes en formation, de « construire dix nouveaux lycées–campus ». Quel dommage qu’il faille y voir le soutien à l’inacceptable « cité scolaire d’excellence avec internat » si mal placée sous l’axe des envols de Roissy : c’est pourtant ce que vient de promettre le 1er ministre pour justifier une gare en plein champ et l’artificialisation des excellentes terres agricoles du Triangle de Gonesse.
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Un tel déni de réalité pour les projets régionaux nous semple aussi mauvais signe que la fameuse « continuité pédagogique » vantée par le ministre de l’Education pendant le 1er confinement. Rappelons que celui-ci a été si absurde qu’il interdisait même aux citadins de s’oxygéner dans les parcs et jardins, ce qui aggravait leur fragilité respiratoire… C’était le même déni de réalité qui prétextait de l’inutilité de masques de protection pour cacher que l’Etat n’avait pas su garantir le roulement du stockage du fond de préparation aux épidémies respiratoires créé pour la grippe H1N1.


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