Le département doit nourrir autrement nos adolescents

samedi 28 février 2015
par  Bénédicte ARIES
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L’approche environnementale de la restauration collective est une nécessité pas un luxe ! Les repas de midi relèvent pour beaucoup de publics des collectivités territoriales : commune pour les scolaires, département pour les collèges, région pour les lycées et universités.

A chaque scrutin, cette question doit entrer en ligne de compte.

En mars 2015 il est temps d’influer par nos votes sur les positions que prendra le département du Val d’Oise pour les cantines des collèges, sans oublier les divers établissements spécialisés qui relèvent de son autorité.

Le danger de l’exposition aux pesticides est prouvé

Alors que de plus en plus d’études soulignent, qu’au-delà d’un effet dévastateur pour la biodiversité, les produits phytosanitaires sont nocifs pour la santé, la France reste un des plus gros consommateurs de pesticides au monde : 80 000 tonnes par an !
L’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) soulignait, dans une étude rendue publique il y a déjà plus d’un an, que les expositions aux pesticides intervenant au cours des périodes prénatales et périnatale ainsi que lors la petite enfance semblent être particulièrement à risque pour le développement de l’enfant.

Pertinence de la restauration collective en biologique

En juillet 2014, selon le journalLe Monde, il a été prouvé "sans l’ombre d’un doute qu’il existe des différences de composition entre les cultures biologique et conventionnelle". Ces produits « biologiques » contiennent bien plus d’antioxydants dont les effets de protection contre les maladies de la modernité -cardio-vasculaires, neurodégénératives et autres cancers- ont été démontrés,

Pour améliorer la santé de la population française, sans attendre que le bio devienne une évidence accessible à toutes les ménagères, il faudrait donc que les responsables des collectivités territoriales décident rapidement de développer la restauration à base de produits biologiques dans leurs cantines, crèches, établissements de santé et autres portages de repas.

De plus en plus de villes ont compris l’intérêt multiple de cette approche environnementale de la restauration collective et savent proposer, sans surcoût, une alimentation biologique de proximité dans leurs cantines scolaires, crèches et service de portage de repas.
Hélas, la majorité actuelle à Pontoise refuse de s’attaquer à ce projet, pire ! elle a interrompu récemment le choix du pain bio dans les cantines.

Et pourtant la meilleure qualité gustative des produits bio est aussi un bon moyen de lutter contre le gaspillage alimentaire ce qui contribuerait à la réduction des déchets, deux objectifs souhaitables pour la Ville.

Les multiples atouts du bio de proximité pour les collectivités territoriales

La conservation moins longue de ces aliments "plus vivants" rend souhaitable la mise en place d’un approvisionnement de proximité. C’est une autre bonne raison pour que les collectivités territoriales, département et région, garantes de la qualité de l’air et de l’eau de leurs administrés, s’emparent activement de ce projet.

Développer l’agriculture biologique dans le Vexin et en Pays de France permettrait ainsi d’améliorer ainsi la qualité de l’air (moins d’aérosols toxiques dans les villes et villages aux périodes de traitement). Elle diminuerait aussi la contamination de l’eau potable qui est à 65 % de la limite pour les nitrates à Pontoise. Cette eau provient du captage de St Martin la Garenne, près de Mantes au pied du Vexin, et se charge pendant son passage dans le massif non seulement de calcaire mais aussi de résidus de pesticides et d’engrais.

L’appui de ces grands clients locaux que seraient les collectivités territoriales pour leur restauration collective favoriserait grandement la transition écologique des agriculteurs franciliens. Ce serait aussi pour elles un moyen de renforcer l’emploi en zone rurale : en effet le maraichage, la fruticulture et l’élevage demandent plus de main d’oeuvre que les grandes cultures céralières et betteravières dominantes actuellement sur le plateau vexinois.

Si la commune de Pontoise ne suit pas nos propositions pour ses services de restauration, rappelons-nous que département et région ont les mêmes moyens de passer au bio de proximité dans les cantines de nos trois collèges et deux lycées.

En mars 2015 c’est à nous Pontoisiens, avec les autresVal d’oisiens, de peser dans ce sens.