Pour préserver l’avenir, protéger les terres

mardi 16 janvier 2018
par  Bénédicte ARIES
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Le précédent des investisseurs chinois qui ont discrètement acheté plus de 2 600 d’hectares dans l’Indre et en Allier sans que la Safer puisse les préempter a fait prendre conscience à nos politiques de la réalité de la spéculation foncière et de ses risques. Une autre politique foncière doit s’affirmer.

Depuis 2009 pour protéger les sols, le mouvement Terres de lien cherche à agir avec les collectivités territoriales en parallèle à son appel aux dons des particuliers pour acheter des terres agricoles et pour accompagner à l’installation de nouveaux agriculteurs en bio.

Les dispositifs de protection

Les sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural (SAFER) ont été créées pour protéger les terres agricoles. Informées des projets de vente par les notaires, elles disposent du droit de préemption pour acheter à la place de l’acquéreur initial et revendre à une personne dont le projet correspond mieux à l’intérêt général. Hélas, elles ne le font pas pour les projets de ferme–usines en cours : des milles vaches, des 12 000 porcs ou des 250 000 poules dans la Somme et en Bretagne ! L’État se veut aussi protecteur des sols en soumettant l’exploitation des terres à autorisation : c’est le cas pour toute personne qui s’installe ou s’agrandit. Hélas, les Préfets autorisent trop souvent ces créations nuisibles d’élevage intensifs géants !

Comme Loi et règlement n’interviennent jamais quand il s’agit d’une société agricole, les textes doivent être adaptés pour contrer ce contournement légal.

L’agriculture francilienne

S’il parait évident que les élevages surdimensionnées nuisent au bien-être animal, empoisonnent les alentours par leurs nuisances olfactives, sonores, routières, sanitaires et vont à l’encontre de la protection de l’air, de l’eau et de l’alimentation de proximité, le sentiment des limites des exploitations agricoles trop grandes émerge à peine.

Et pourtant ! Les grandes exploitations céréalières franciliennes sont gérées et pensées pour l’industrie alimentaire et l’exportation. Cette agriculture sans paysan, à gros investissements matériels et phytosanitaires, ne nourrit pas la région qui est en déficit de produits maraîchers. Elle contribue à la désertification des campagnes ainsi qu’ à l’appauvrissement des sols et à la perte de biodiversité. Les phytosanitaires lui sont indispensables, même « optimisés » et nuisent à la qualité de l’air et de l’eau de la région. Les pics de pollution atmosphérique interviennent aux périodes d’épandage au printemps et en été et la qualité des eaux de surface et souterraines ne cesse de se détériorer.

Le Vexin et les communes urbaines mitoyennes subissent les mêmes nuisances. Cet état de fait ne s’améliorera pas sans un fort soutien politique à la transition agrobiologique. En effet un céréaliculteur local qualifiait encore le glyphosate de « meilleur ami de l’agriculteur » lors d’une réunion publique organisée en avril 17 par le Parc Naturel Régional (PNR) du Vexin français.

Une autre politique foncière s’ébauche

L’agglomération de Cergy-Pontoise (CACP) a pris enfin conscience de la nécessité d’engager une politique de gestion qualitative de ses nombreuses parcelles de sol agricole. En effet la Ville nouvelle créée en 1966 prévoyait d’accueillir au royaume de la voiture particulière 400 000 habitants, pour moitié en pavillons, avec ce que cela implique d’étalement urbain et de voiries coûteuses. Ce n’est plus à l’ordre du jour, comme pour l’ensemble de ces ex ex-villes nouvelles d’Ile-de-France. Il est prévu maintenant de continuer à se développer en se densifiant plus qu’en bétonnant tous les espaces réservés à l’origine par L’État.

En 2016 les terres agricoles constituaient encore un quart de la superficie de l’agglomération et même la moitié pour la commune de Maurecourt. Leur passage en agriculture biologique serait un atout majeur pour la qualité de l’environnement et notamment la préservation de l’eau. Ce n’est pas encore un projet, mais c’est à l’étude.

A Pontoise , on s’informe on s’y forme !

Une formation sur la préservation de la ressource en eau ouverte à tous était organisée le 19 octobre par l’agglomération, puis peu après une formation spécifique à la veille foncière le 7 décembre.

Un ciné-débat d’Utopia mi- décembre autour du film « la Terre bien commun » a permis de découvrir l’ensemble des actions de Terres de lien. Michel Vampouille administrateur de Terres de Lien et Bernard Breton, du pôle foncier de la Confédération paysanne étaient venus enrichir le débat de leur expérience. La soirée était à l’initiative des militants locaux de la préservation des sols réunis autour du Collectif pour la préservation du triangle de Gonesse (CPTG) , qui luttent pied à pied contre le grand projet inutile du Val d’Oise que représente Europa-City, projet d’hyper-centre commercial bétonneur d’excellentes terres agricoles.

Pour aller plus loin :
L’astuce pour contournement la Safer :https://reporterre.net/Des-Chinois-achetent-en-France-des-centaines-d-hectares-de-terres-agricoles

Protéger la ressource en eau en agissant sur le foncier agricole : formation le 19 octobre 2017 à l’hotel d’agglomération ici
Lien interne vers témoignage agriculteur du vexin sur notre site (papier sur ICE) du 29 aout ?

Pour un lundi dd sur mangeons local : http://www.13commeune.fr/actualite/mangeons-local-cergy-pontoise

Lien vers CPTG : http://nonaeuropacity.com/
Article du Parisien sur avis défavorable de l’enquêteur europacity : http://www.leparisien.fr/gonesse-95500/triangle-de-gonesse-le-commissaire-enqueteur-rend-un-avis-defavorable-23-08-2017-7209237.php


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