Réforme des rythmes scolaires : l’organisation 2015

lundi 17 août 2015
par  Bénédicte ARIES
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Les temps d’animation périscolaires

Nous avons eu beaucoup d’information sur l’organisation des temps d’animation périscolaires à Pontoise lors du conseil municipal de mai.

La principale évolution résidera à la rentrée 2015 dans une meilleure répartition hebdomadaire, en deux tranches pour toutes les écoles, de 15h00 à 16h30.

Les informations du conseil municipal de mai 2015

A la demande de bilan de la première année d’application de la réforme, faite par des élus minoritaires on apprenait que 75 % des élèves participaient aux nouveaux temps d’animation périscolaires en 2014-2015, que 50 associations et clubs sportifs s’impliquaient dans leurs ateliers, que 82% des 1200 enfants ayant répondu au questionnaire se sont déclarés très satisfaits, (et seulement 4% insatisfaits) et que de nouvelles associations se portaient candidates pour l’année 2015-2016. (cf les pages 47 à 52 du procès verbal publiées sur le site de la ville).

2014-2015 année multi-expérimentale

Bien évidemment, les répartitions des locaux et la proximité des équipements sportifs ont été des facteurs déterminants dans l’organisation de ces trois heures d’activités périscolaires.

Elles ont été bloquées sur le seul vendredi après-midi dans la moitié environ des groupes scolaires. Cela était pédagogiquement inefficace pour l’allègement des trop lourdes journées scolaires de la moitié des enfants pontoisiens. L’opposition municipale l’avait souligné en son temps. Cela posait aussi des problèmes de disponibilité de locaux et d’animateurs.

2015-2016, une organisation unique

Il n’y aura plus en 2015 la moitié des écoliers pontoisiens au chômage d’acquisitions scolaires dès le vendredi midi. Ces trois heures hebdomadaires seront réparties sur la semaine pour toutes les écoles en deux tranches de fin de journée scolaire de 15 à 16h30 les lundi et jeudi ou les mardi et vendredi selon les groupes scolaires.

Ce n’est pas tant qu’il ait été constaté la non pertinence pédagogique de ce « stockage d’activités périscolaires » de fin de semaine, mais plutôt que, selon les réponses de l’élue aux affaires scolaires il s’agirait de « permettre aux animateurs et aux associations d’intervenir sur plus d’école. »

C’est une évidence que répartir ces temps d’activités périscolaires sur 4 jours facilitera la fidélisation d’animateurs ville, même si cela complique celle des intervenants professionnels qui ne trouvent pas tous leur compte à se déplacer pour seulement 90 minutes d’intervention au lieu de trois heures. La disponibilité des locaux devrait aussi selon nous s’en trouver facilitée.

L’objectif de fidéliser et de former les bons animateurs de temps d’animation périscolaire grâce à la création de nouveaux contrats aidés (cf cm de juin) est louable.

Un PEDT très attendu

A la question sur un « projet pédagogique commun à chaque tranche d’âge des écoliers pontoisiens » il a été répondu au conseil municipal de mai que le Projet educatif territorial (PEDT) était en cours d’élaboration.

Puis que les Temps d’animation périscolaires à Pontoise avaient été travaillé autour des projets d’écoles en 2014 sur quatre axes : les activités artistiques et culturelles, les pratiques sportives, (75 % des activités Taps en France selon le Parisien du 21 juin dernier) la citoyenneté, ( 17 ateliers de temps d’animation périscolaire à Pontoise) l’ouverture sur le monde (trois intervenants sur des projets autour de l’anglais, d’autres sur l’espagnol).

On apprenait au cours du même conseil que la Ville de Pontoise était encore en attente des restitution par l’Inspection académique des « Assises locales de la mobilisation de l’école et de ses partenaires pour les valeurs de la République » du 7 avril 2015, où elle avait participé a un atelier intitulé « Comment favoriser le travail conjoint des collectivités locales de l’éducation nationale et de l’ensemble des services de l’Etat pour la réussite éducative des jeunes ? »

Nous aurons donc bientôt de nouveaux éléments pour analyser ce PEDT.

Peut encore mieux faire

Il reste néanmoins que la réforme des rythmes scolaires a pour vocation de favoriser les acquisitions scolaires des enfants. Or les neurobiologistes constatent que les meilleurs moments pour la concentration sur des nouveaux acquis sont le matin. Après une large pause de midi, la reprise d’efficacité ne survient que vers quinze heures.

Il est donc permis de douter que le maintien systématique des activités périscolaires en fin de journée scolaire soit pertinent. Ils pourraient aussi être organisés en début d’après-midi, période de moindre disponibilité intellectuelle. Cela pose effectivement un problème d’organisation si les parents ne désirent pas y inscrire leurs enfants, même s’ils sont gratuits, ce qui sera encore le cas à Pontoise pour cette rentrée 2015.

Le Projet éducatif territorial de la Ville de Pontoise finira peut-être par tenir compte aussi des rythmes de concentration scolaire des enfants.


Commentaires  Forum fermé

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mercredi 14 octobre 2015 à 13h12 - par  Christian Epiard

 J’ai pris connaissance du dernier article de Pontoise Ensemble sur la Réforme des rythmes scolaires. Il est effectivement très intéressant de suivre cette question et d’être informé sur son évolution. Les points abordés sont donc très instructifs.
Cependant, je ne suis absolument pas d’accord avec la conclusion "Peut encore mieux faire". Ce n’est pas sur l’intitulé que je ne suis pas d’accord mais sur le contenu, car on peut toujours mieux faire effectivement.
Sur la phrase : la réforme des rythmes scolaires a pour vocation de favoriser les acquisitions scolaires des enfants. A mon sens, elle a pour vocation de proposer autre chose que le cadre scolaire à l’enfant. D’autres approches et une ouverture à des activités hors des méthodes d’apprentissages scolaires. Tous les enfants peuvent en bénéficier et particulièrement ceux qui sont en difficulté pour un accès au savoir. Il est important que la fonction de l’enseignant soit distincte mais que ce soit des animateurs, des éducateurs, des professionnels, des artistes et artisans etc., c’est une chance pour les enfants de connaître autre chose et pour certains de ne plus être dans la spirale de l’exclusion, mais au contraire dans une véritable valorisation d’eux-mêmes (pas celle qui se mesure avec des chiffres). Même si une partie de ses activités ont lieu dans l’établissement scolaire, elles doivent être pensées comme hors de l’école.
En ce qui concerne les rythmes biologiques, la démonstration dans cet article est contradictoire. Il est écrit que la réforme a pour vocation de favoriser les acquisitions scolaires et en même temps il serait souhaitable que les activités soient organisées en début d’après-midi, période de moindre disponibilité intellectuelle. Quoi qu’il en soit, pour moi l’intérêt des études de neuro-psycho physiologie est de donner quelques grandes orientations, qui tombent souvent sous le bon sens mais ne doit surtout pas occulter la question du désir de l’enfant, question effectivement plus complexe. Par expérience, je peux affirmer qu’un enfant qui "accroche" au désir de savoir, peut avoir les pires enseignants, méthodes et rythmes de travail, il y arrivera. 
Par contre ramené l’enfant à une entité neuro-psycho-physiologique, nous, car je ne suis pas le seul, pensons que c’est dangereux. C’est la porte ouverte aux laboratoires pharmaceutiques pour proposer toutes sortes de médicaments soignant des troubles de l’attention, de la concentration, de l’agitation etc. L’utilisation de la Ritaline, psychostimulant proche des amphétamines en est un exemple inquiétant : 70% d’augmentation des ventes en France entre 2008 et 2013.
Christian Épiard

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