Une élue qui change de priorité selon son assemblée

mercredi 27 juillet 2022
par   Pontoise Ensemble
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Notre première adjointe, en charge des affaires scolaires et de la petite enfance s’affirme à l’écoute des parents d’élèves pontoisiens. On peut s’inquiéter pour celle qu’elle aurait pour les parents d’élèves val d’oisiens. Anne Fromenteil est aussi élue départementale et vient de voter ce 7 juillet la création d’une Société Publique d’Aménagement d’Intérêt National (SPLA-IN) pour l’aménagement du Triangle de Gonesse . Cette société publique d’aménagement projette une funeste "cité scolaire internationale" dans une zone interdite à l’habitat pour cause de nuisances sonores aériennes.

La décision du CG 95

Le conseil départemental du Val d’Oise a voté le 7 juillet 2022 la création de la Société Publique d’Aménagement d’Intérêt National pour l’aménagement du Triangle de Gonesse. Deux élus seulement se sont opposés à la création de cet établissement car « le pacte d’actionnaire associé entérine de fait la construction de la gare du triangle de Gonesse et l’urbanisation de la zone adjacente » en mettant en place la solution de cité scolaire internationale présentée par le 1er ministre Jean Castex l’an dernier lors de l’annonce de l’abandon de l’inepte projet d’Europacity sur les mêmes terres agricoles.

Pourtant cette zone, dans l’axe des pistes d’envol de Roissy qui ne connaissent aucun couvre-feu ne peut pas être ouverte à l’habitat « normal ». Qu’à cela ne tienne pour le conseil départemental : il suffit d’y construire pour les jeunes !

Seule une élue PS du groupe d’opposition au conseil départemental, Nessrine Menhaouara (PS) a rejoint le vote contre de Pascal Bertolini (EELV).Les autres conseillers PS ont en effet choisi comme la majorité d’approuver la création de cet établissement sans prendre en compte l’argumentaire de leurs co-élus.

Protéger la jeunesse

Pascal Bertolini. a déclaré « En ce qui concerne le projet de cité scolaire internationale, s’ajoute en plus un problème de bruit puisque les élèves qui y résideront en internat seront exposés en permanence à des niveaux de bruits supérieurs aux normes autorisées, seuil au-delà desquels des effets néfastes sur la santé sont avérés. »

Tous les élus départementaux de la majorité, dont Mme Fromenteil, sont donc collectivement désireux d’installer un pôle d’éducation et de résidence pour adolescents et jeunes adultes dans une zone interdite à la construction résidentielle pour cause de nuisances sonores. Y enverraient-ils seulement leurs enfants ?

Bien qu’il s’agisse d’un projet à l’autre bout de notre département qui ne concernera pas vraiment les jeunes de Pontoise et de son agglomération, bien fournis en établissements d’enseignement, Pontoise Ensemble regrette vivement la position prise par les élus de la majorité de droite du département du Val d’Oise, dont particulièrement la 1re adjointe de Pontoise . Une zone assourdissante n’est pas un lieu d’implantation d’établissements pour les jeunes.

Pascal Bertolini a rappelé « que la valeur limite réglementaire retenue par la France en application de la directive européenne 2002/49/CE pour les bruits générés par un aérodrome est de 55 dB(A). Or les cartes de Bruitparif affichent une moyenne comprise entre 60 et 65 dB(A) dans la zone d’implantation prévue pour la cité scolaire internationale (indicateur de bruit Lden). » Il en conclu que « La construction d’un établissement scolaire dans ces conditions de bruit, qui plus est avec un internat, n’est clairement pas possible ».

Si l’intérêt de créer cette cité scolaire internationale est réel pour les élus majoritaires du Val d’Oise, « il faut d’urgence envisager de la construire sur un autre site, moins exposé au bruit. » selon Pascal Bertolini. Pour Pontoise Ensemble, c’est cette position qu’aurait dû défendre la première adjointe pontoisienne, tellement « à l’écoute des parents d’élèves », ainsi que tout élu prenant à cœur sa mission de protection de la jeunesse.

Dans un communiqué le Collectif Pour le Triangle de Gonesse (CPTG), toujours à la pointe du combat citoyen contre les grands projets inutiles sur ce site ; propose un autre emplacement : « A Sarcelles un espace vacant réservé jadis à l’éphémère projet du Dôme, bien placé près de la gare Garges Sarcelles du RER D et disposant d’une bonne centralité urbaine dans la principale ville de l’Est du Val d’Oise (60 000 habitants), serait tout indiqué pour accueillir un tel projet. »

Respecter le temps des décisions démocratiques

Pascal Bertolini a soulevé que cette SPLA-IN verrouillait un projet alors que le rapport de la SEMMARIS- Agoralim sur l’aménagement du Triangle de Gonesse vient d’être rendu et que « de nouveaux arbitrages » pourraient être déterminés par le Gouvernement : « Le pacte d’actionnaire pérennise les solutions proposées par Jean Castex il y a plus d’un an et ferme la porte à toute autre solution ».

C’est aussi ce que souligne le CPTG dans son communiqué : »La construction en plein champ d’une gare d’un métro sans usagers et l’urbanisation de 110 ha ou de 300 ha du Triangle de Gonesse, ne sont d’intérêt ni national, ni départemental, ni local. »

En effet, la situation a beaucoup évoluée en une année : autre quinquennat, autre Premier ministre, autres priorités annoncées par le Président de la République. Où était l’urgence de voter cet OIN pour la majorité départementale suivie par quasi tous ses élus minoritaires ?

Eviter la gabegie financière

La Société Publique Locale d’Aménagement d’Intérêt National approuvée par les tous les élus majoritaires du conseil départemental et de trop nombreux conseillers minoritaires est dotée d’un capital de 8 M€. Elle est composée de Grand Paris Aménagement (51%), une société qui soutenait mordicus le projet Europacity, la Communauté d’agglomération Roissy-Pays de France (35%) et du CD 95 (14%).

Pascal Bertolini a rappelé l’importance du budget en jeu : « 3 milliards d’euros pour la ligne 17, environ 300 à 400 millions pour la gare du Triangle de Gonesse » Or cela serait quasi à fond perdus puisque ces installations étaient pensées à l’échelle combinée d’Europacity et du Terminal 4 de Roissy, deux mirifiques projets abandonnés récemment. Ces travaux ne devraient donc plus être considérés comme justifiés et encore moins prioritaires.

En cette période de grande incertitude internationale et de fragilisation sanitaire et alimentaire croissantes de l’Ile-de-France ; il y a bien d’autres besoins d’investissements pour un conseil départemental. L’association des départements de France répertorie les compétences départementales : elles sont prioritairement de solidarité : protection maternelle et infantile, de l’enfance en général, tout ce qui est du handicap et des personnes âgées, la gestion des allocations de solidarité (RSA, APA, PCH), de l’insertion et de l’emploi., des services de secours. (SDIS), le plan d’habitat social. Les Départements sont également les acteurs des politiques éducatives (collèges), culturelles (bibliothèques, archives) sportives (gymnases) et sanitaires (surveillance de l’eau)...

Pascal Bertolini (EELV) soulignait dans son intervention que notre département comme le pays est déjà fortement endetté et a de gros besoins d’investissements citant pour l’exemple « les transports de proximité et du quotidien ou la rénovation thermique des bâtiments. » Il concluait avec raison : « La guerre en cours en Ukraine nous confirme d’ailleurs la valeur de maintenir en exploitation ces terres. C’est essentiel pour notre indépendance agricole. »

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Intervention Pascal Bertolini

Pontoise Ensemble appuie donc la demande de Pascal Bertolini et Nessrine Benhouara, deux courageux élus ultra-minoritaires : il faut que « les objectifs d’aménagement du Triangle de Gonesse soient revus ».

Pour en savoir plus :

Le site du Collectif Pour le Triangle de Gonesse (CPTG) et ses communiqués :
https://www.facebook.com/nonaeuropacity.cptg/timeline

les missions du département :
https://www.departements.fr/missions-des-departements/

l’enregistrement de la séance sur le site du département :
https://www.valdoise.fr/156-les-seances-plenieres.htm


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