Coupe rase Avenue de l’Est

mardi 20 octobre 2026
par  Gérard Bommenel
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Le 13 Octobre la ville de Pontoise abattait 46 peupliers sans une information correcte des habitant , prévenus 3 jours avant par un arrêté.

En 2024 la municipalité désirait couper l’ensemble des peupliers qui bordent l’avenue de l’Est., Au vu du rapport sanitaire elle avait seulement éliminé les arbres « à risque ». Ce n’est qu’après les élections municipales , qu’elle a mis en œuvre ce carnage d’arbres ne présentant plus de risque.

Ce choix de la coupe rase de préférence au renouvellement progressif dégrade le cadre de vie des habitants des Larris-Maradas.

Un choix politique qui n’avait rien d’impératif

La Mairie s’appuie sur une étude phytosanitaire qu’elle a commandé en Juillet 2024 et justifie sa décision en prétendant que ces arbres faisaient courir des risques aux riverains et que certains étaient morts car creux. Or sur cette étude on note que seuls 11 peupliers étaient jugés dangereux (ceux abattus en 2024). 23 arbres jugés dans un état correct avaient une durée de vie estimée supérieure à 10 ans et les 13 autres une durée de vie entre 5 et 10 ans.
Une plantation de haie par tronçon qui aurait permis de conserver l’ombre des arbres sains tout en donnant le temps aux jeunes pousses de grandir était envisageable. Elle aurait été plus favorable au cadre de vie des habitants même si cela générait quelques surcoûts. Un habitant du quartier a partagé avec Pontoise Ensemble le courrier d’avertissement et son sentiment de « carnage » « Il s’agissait vraiment d’un corridor vert qui compensait les gaz de la circulation automobile et qui offrait un cheminement agréable dans un univers bétonné. ».

Un cadre légal ignoré

Comme le fait remarquer le GNSA (Groupe National de Surveillance des Arbres) le cadre légal semble ignoré : l’article L350-3 du Code de l’environnement n’a pas été respecté, on abat des arbres sains et aucune étude d’impact sur la faune locale n’a été menée.
Le GNSA souligne aussi que bizarrement la société qui a fait le diagnostic sanitaire est la même que c’elle qui abat les arbres. C’est tellement plus « confortable » pour une société de s’auto-prescrire un abattage !

Une étude complémentaire de la CACP bien légère

Pour compléter l’étude sanitaire de 2024 qui datait trop, la ville a sollicité en 2026 la Cellule Mutualisée du Patrimoine Arboré de la CACP. Cette cellule, se basant sur l’autorisation d’abattage donné en 2024, s’est contentée d’une analyse de visu peu approfondie. Elle note que « L’état sanitaire moyen des arbres demeure relativement stable » mais précise « un état de déclin physiologique irréversible ».
C’est bien normal car les peupliers ont une durée de vie assez courte et avaient été planté en fin de période de construction des quartiers des Larris et des Maradas. Le vieillissement peut s’accompagner d’une surveillance et d’une intervention arbre par arbre. L’état phytosanitaire constaté en 2024 aurait pu susciter un renouvellement progressif, plus respectueux de la faune et de l’impact bénéfique d’une haie de peuplier sur l’impact des canicules répétitives. Ces deux points ont été totalement occultés.
La CACP en a conclu, sans autre analyse que les arbres nécessiteront des interventions dans les 5 ans alors que l’étude antérieure donnait une durée de vie supérieure à 5 ans pour tous les arbres.

Un abattage lancé en catimini

Les habitants du quartier n’ont été informés qu’au dernier moment. De plus cet arrêté a été affiché a été affiché sur un support trompeur ne mentionnant que des opérations d’élagage. Il fallait retirer l’ensemble des pages de leur support et les lire pour comprendre que l’on rasait la haie. Autant dire que personne ne s’est aperçu de la tromperie

Une démarche de « compensations » qui compense peu

Pour obtenir l’autorisation d’abattage de la préfecture, la mairie a dû prouver qu’elle compenserait celui-ci par des plantations. Pontoise-Ensemble est estomaqué par le manque de crédibilité de celles qu’elle avance.
–  La plantation de 42 magnolias de l’autre côté de l’avenue en 2024. Comme le remarque notre témoin du quartier concerné : « Il faut prendre en compte que le fait de replanter est aléatoire. Les arbres ont de plus en plus de difficulté à reprendre et à bien s’enraciner ». De fait deux ans après ces magnolias n’ont pas résisté à la canicule et sont tous, soit déjà morts, soit au trois quart secs.
–  La plantation de 5 arbres dans un autre quartier sur la place du quartier Bossut qui reste d’une minéralité étouffante. L’argument est de mauvaise foi : ces plantations étaient prévues de longue date dans une ZAC en cours de construction depuis 2010 !
–  La plantation d’une haie qui semble basse à l’emplacement des peupliers.

Les habitants des Larris et des Maradas continueront donc à circuler sans ombre sur l’avenue de l’Est.

Sous prétexte que les arbres pousseront la Ville de Pontoise s’autorise des coupes rases en lieu et place d’opérations de reboisement progressives mieux adaptées à l’évolution climatique.
C’est une mauvaise politique pour la qualité de vie des habitants concernés mais cela semble importer peu du moment que cela permet à Mme Von Euw d’afficher un nombre d’arbres plantés impressionnant…

Pour en savoir plus :

La vision du GNSA Groupe National de Surveillance des Arbres sur l’abattage de l’avenue de l’Est

et sur le peuplier :
https://umvie.com/tout-savoir-sur-le-peuplier-argente-caracteristiques-et-entretien/


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