Résidence intergénérationnelle : un atout urbain à ne pas négliger à Pontoise

lundi 1er août 2016
par  Bénédicte ARIES
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Du fait de l’importance des populations à venir, un cinquième de la population actuelle pour la seule ZAC Bossut, notre ville vit une période de type « ville nouvelle ». L’expérience des villes de notre agglomération et d’autres villes qui colonisent d’importantes friches dans un court délai doit servir de guide pour éviter une démographie de type ville ou quartier « champignons ».

Pour « panacher » les populations d’un quartier neuf, le concept de résidence intergénérationnelle (dite aussi multigénérationnelle) dans le secteur du logement locatif social devrait s’imposer à Pontoise comme un outil à privilégier. Il permet aussi d’élargir intelligemment l’offre d’habitat d’un quartier déjà construit.

Equilibre démographique

L’INSEE souligne dans une étude qu’en France il y a autant de résidents de plus de 60 ans que de moins de 20 ans depuis 2015. C’est normal dans une société où l’espérance de vie dépasse largement les 80 ans. Les recensements prouvent par ailleurs qu’un logement sur deux en France et dans notre ville est occupé par une personne seule.

Pour tenir compte de ces états de fait de la société française et pontoisienne, il faudrait veiller à ce que les populations des nouveaux quartiers Bossut, zone gare et zone Bord de l’Oise ne soient pas que de jeunes familles demandeuses de crèches et d’écoles qui ne leur serviront plus 15 ans après. Ce qui fut l’expérience de Vauréal obligé de démolir une école moins de trente ans après sa construction.

Or il n’est prévu de construire qu’une résidence senior et qu’une résidence étudiante de 158 logements sur la ZAC Bossut, quartier qui doit accueillir à terme 6 500 à 7000 habitants. La majorité actuelle considère à tort que ses trois foyers de jeunes travailleurs suffisent aux besoins de logement des jeunes actifs et apprentis pontoisiens. Or il est plus que nécessaire d’envisager un meilleur échelonnement des âges des futures populations dans ce quartier.

Il est tout aussi nécessaire de remédier au manque de logements adaptés aux personnes à mobilité réduite, du fait de l’âge ou d’un handicap, sur l’ensemble de la ville et au plus près de chacun de ses pôles de vie. Il faudrait la même volonté politique pour pallier au manque de logements accessibles aux jeunes actifs et aux étudiants sur Pontoise. Malgré cela, la majorité persiste à considérer qu’il n’y a pas lieu de chercher à offrir plus de logements à prix accessible à la population actuelle et future, ce qui n’est peut-être pas innocent de tout calcul politique.

Les résidences intergénérationnelles

Il n’y a encore que deux de ces immeubles locatifs à loyer intermédiaire sur notre agglomération et aucun à Pontoise. Celui de Menucourt, géré par l’office HLM du CG95, Val d’Oise Habitat s’est ouvert en 2012. Celui de Cergy-le-Haut, géré par Efidis, s’est ouvert au début de l’année 2016.

Tous deux offrent des locations à prix accessibles du studio au F4, partageant jardin, laverie et salle polyvalente pour activités communes, certains appartements disposant d’aménagements spécifiques pour personnes handicapées par l’âge, les accidents de la vie ou la maladie. Pour ces 116 et 80 logements le rôle du gardien-régisseur s’élargit à celui d’animateur de résidence. Les bailleurs visent un brassage de 50 % de jeunes actifs et de famille et de 50% de personnes âgées ou handicapées.

salle commune du coktail d'inauguration à la résidence des Closbilles

Vivre en résidence intergénérationnelle

Les premiers locataires de la Résidences des Closbilles à Cergy ont déjà investi le jardin, largement auto-entretenu, et la salle commune. Celle-ci abrite déjà au bout de six mois activités culturelles et ludothèque en journée, soutien scolaire en fin d’après-midi, repas partagés de voisins à intervalles réguliers etc… Cette salle polyvalente se veut aussi ouverte aux autres résidents du quartier.

Pour plus d’informations, on peut lireici le témoignage d’une jeune habitante de la résidence de l’Hautil à Menucourt.

Les leçons de l’expérience

Le vécu de quatre ans de résidence intergénérationnelle à Menucourt a séduit une autre petite ville de l’agglomération de Cergy-Pontoise. Vauréal ouvrira la sienne en 2018 dans un quartier en rénovation. (cf ici article du Parisien ).

L’ancêtre de ces habitats sociaux intergénérationnels innovants est la résidence sociale des Villageoises à Cergy. Celle-ci mixe résidence de personnes âgées, foyer de jeune travailleurs (FJT) et centre d’hébergement et de réinsertion sociale. Cet ensemble novateur est toujours porté par une association d’origine pontoisienne l’APUI, (association pour un urbanisme intégré). Cette résidence est restée un prototype du concept comme l’évoque l’article de presse de 2015 (ici) écrit à l’occasion de son quarantième anniversaire.

Cependant, de même qu’aujourd’hui on évite les grands ensembles, on évite maintenant pour les résidences intergénérationnelles le gigantisme de ce programme innovant des années 70 qui peut accueillir 600 résidents. Elles ne font plus qu’une centaine de logements environ. Quant aux logements très sociaux d’insertion, ils sont dans des petites résidences mais restent spécifiquement accompagnés par des associations. Ainsi Habitat et humanisme en a créé à Versailles, Jouy-en-Josas, Clamart...

Ne désespérons qu’un jour à Pontoise la Ville sache à nouveau s’ouvrir à la notion d’intergénérationnel !


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