Covid et liberté : témoignages de médecins de ville

samedi 1er mai 2021
par  Bénédicte ARIES
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Pontoise Ensemble n’a pu procéder à de véritables interviews de médecins car ceux-ci sont extrêmement pris pour ne pas dire débordés.

Nous avons néanmoins interrogé à chaque occasion les praticiens connus et repérés un certain nombre de témoignages accessibles sur internet. Même si l’hôpital René Dubos a proposé un protocole à plus de mille praticiens du Val d’Oise, il faut bien constater qu’en France la liberté de prescription et la liberté d’opinion médicale subissent de vrais revers

Une médecine de ville sous-estimée

Le premier confinement de 2020 a vu des hopitaux débordés et des cabinets de médecine de ville désertés. Et pourtant les médecins généralistes s’étaient rapidement préparés, mais la pression médiatique était si forte que leurs patients habituels, paniqués, n’osaient plus venir.

Seule leur clientèle un peu aisée et à l’aise avec les outils numériques a su basculer facilement sur la visio-consultation, autorisée assez rapidement aux généralistes par la Sécurité sociale. Nos témoins soulignent d’ailleurs la grande différence qualitative entre la visio-consultation avec le médecin connu et celle avec un occasionnel. L’évolution de la maladie d’un patient connu de son médecin peut être visio-suivie suffisamment finement, mais c’est loin d’être le cas de la visio-consultation entre inconnus . Selon nos témoins, la télé-médecine ne sera pas une réponse efficace à la désertification médicale en cours.

La télé-consultation par téléphone simple s’est quand à elle avérée indispensable à mettre en place pour une clientèle modeste ou simplement mal connectée. Le réalisme l’a imposée aux autorités sanitaires mais elle a mis plus de temps à être organisée et donc remboursée. Cette autorisation court jusqu’à la fin de l’état d’urgence sanitaire en cas de manque de moyen informatique permettant la visio-consultation. Cette consultation téléphonique est réservée aux patients vulnérables , atteints ou suspectés de Covid-19, atteints d’une affection de longue durée (ALD), âgées de plus de 70 ans ou simplement aux patientes enceintes.

Un effet pervers

La multiplication des tests a fait que des positifs doivent s’enfermer chez eux et ne se sentent en droit de faire appel à la médecine que quand ils sentent que ça va vraiment mal. Ce qui est souvent bien trop tard. Le déficit de vrais soins médicaux précoces s’est avéré aggravant en début d’épidémie.

Heureusement les soins aux personnes atteintes de Covid-19 se sont améliorés en novembre en Val d’Oise quand l’hôpital de Pontoise et le Dr Devaud ont pu organiser une conférence de télé-formation pour partager avec mille praticiens la connaissance de la maladie acquise par l’hôpital. Les généralistes se sont vu confirmer par le protocole proposé qu’il n’y avait pas que le paracétamol, que le risques de formation de caillots sanguins justifiait la prescription précoce de fluidifiants pour certaines catégories de malades, que la cortisone n’était plus déconseillée etc…

En dehors de la Covid, les deuxièmes et troisièmes confinements sont restés cependant pénalisants pour l’accès aux soins de Ville, car les personnes se sentant fragiles ou devant prendre les transports en communs hésitaient à sortir pour consulter par crainte de mauvaises rencontres virales. C’est la grande inquiétude des cancérologues, cardiologues, diabétologues. Ce ralentissement de l’accès au soins concerne aussi les examens à l’hôpital, car celui-ci est ressenti comme secteur à haut risque de contamination. Voilà qui fait les affaires des cliniques privées mais seulement pour ceux qui peuvent se les payer !

Covid 19 : insoignable vraiment ?

Le conseil officiel aux malades de la Covid, notamment via le 115 était limité à « restez chez vous et prenez du paracétamol » et en second lieu « si vous allez trop mal, vous verrez à l’hôpital ». Heureusement, les médecins généralistes expérimentés n’avaient pas tous cette philosophie, habitués qu’ils étaient à soigner des maladies pulmonaires. Encore fallait-il oser l’appeler.

Le Collège national des généralistes enseignants alertait rapidement dans un communiqué du 24 mars 2020 sur : « Une détérioration de la qualité des soins et de la surveillance de tous les patients fragiles et poly-pathologiques ». Cela ne semble pas avoir raccourci le confinement du printemps dernier, privant absurdement les Français du droit de s’aérer dans les espaces naturels, en sus des privation d’éducation pour les enfants, de possibilités de diagnostic et d’opération pour les malades etc….

Des médecins praticiens qui s’auto-organisent ignorés des grands médias

Un premier collectif de médecin « du côté de la science » né de façon informelle entre soignants sur les réseaux sociaux a essayé en vain d’alerter les autorités et le grand public dès février 20 . Il demandait alors « où était le stock pandémique de masques ». En mars, il conseillait à la population d’en coudre et d’en porter, en avril il évoquait le risque de contamination en milieu clos par aérosolisation.

Constatons simplement que ces recommandations ont été largement en avance sur la communication officielle nationale. A la rentrée 2020, un autre collectif « laissons les médecins prescrire » s’est constitué : il n’est pas plus relayé par les médias et ne semble pas plus entendu par le triumvirat Conseil de sécurité sanitaire, Gouvernement, décisions présidentielles dont on voit bien qu’il continue à tirer un an plus tard à hue et à dia.

Ce collectif s’est déclaré choqué "de constater qu’à aucun moment, notre Président n’ait parlé de soins précoces par le médecin traitant" dans son allocution du 28 octobre et a lancé un manifeste demandant que "de vrais protocoles de soins précoces soient mis en place, que ce soit pour la prévention de la population ou le traitement des malades comme n’importe quelle médecine moderne devrait le faire." Parmi les quelques 2900 signatures, on peut trouver sur leur site Manifestes libertés-collectif LLMP le nom de la vingtaine de médecins signataires du val d’Oise et ceux des départements de proximité.

Un Conseil de l’ordre qui ne veut voir « qu’une seule tête »

Sans même évoquer les positions divergentes de certains grands médecins hospitaliers, Pontoise Ensemble a lu au fur et à mesure de l’année 2020 et début 2021 de plus en plus de témoignages de soignants très critiques sur les positions des autorités médicales, considérant qu’ils avaient déjà une expérience thérapeutique des pneumonies et n’étaient pas aussi désarmés devant la Covid-19 que l’affirmaient les informations télévisuelles. Ces médecins ont mal vécu l’accusation implicite d’incompétence, et encore plus mal de se faire sermonner ou convoquer officiellement par le Conseil de l’ordre des médecins…

Ce fut le cas du généraliste Jean-Jacques Erbstein en Moselle qui avait osé partager les résultats du traitement élaboré avec des confrères d’un groupe Facebook médical. Le Docteur Fabien Quedeville généraliste dans l’Essonne, interviewé dès fin mars 2020 par le Monde, faisait part de ses inquiétudes sur les malades chroniques et les personnes âgées qu’il ne voyait plus à son cabinet. Il a osé tweeté « je ne me reconfinerai pas » en argumentant : « on ne peut pas faire une politique de santé publique en se basant sur une seule maladie, qui est loin d’être la plus fréquente. Il est important de ne pas oublier le reste de la population, qui est en grande souffrance » . Il s’est fait rabrouer.

Le Dr Christian Lehmann, généraliste des Yvelines publie encore son « journal d’épidémie » sur liberation.fr. et suit actuellement de près les aléas des campagnes de vaccination.

Une maladie nouvelle exige-t-elle des médicaments nouveaux ?

Le docteur Gérard Maudrux, retraité de l’hôpital de Grenoble et urologue en ville, médecin expert à la caisse autonome de retraite des médecins, s’inquiète du refus des autorités sanitaires française de d’étudier sans a priori l’intérêt d’anciens médicaments à l’innocuité reconnue de longue date sur la nouvelle maladie qu’est ce Covid.
Sur son blog, hébergé jusqu’il y a peu par le Quotidien du médecin, il s’étonnait de voir si peu d’intérêt pour l’expérience de pays qui pratiquent des traitements réguliers antiparasitaires et ou antipaludéens. Il semble pourtant que l’Argentine, l’Inde et le Bangladesh en aient constaté avant l’arrivée des nouveaux variants un effet protecteur sur leur population face au Covid .
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On peut supposer que ces prises de position iconoclastes, demandant le respect des apports des pratiques de la médecine de terrain, ont participé à ce que ce docteur Maudrux ait été convoqué par le Conseil de l’ordre des médecins mi-février. Dans le même temps il a été récemment obligé d’ouvrir son propre site car le Quotidien du médecin ne pouvait plus « pour des raisons techniques » héberger son blog….

Le médecin reste-t-il libre de prescrire ?

Le Docteur Maudrux a rappelé dans une interview au magazine Capital qu’un médecin reste libre de ses prescriptions : « Un médecin reste libre de prescrire un médicament hors de son champ initial d’autorisation de mise sur le marché (AMM) quand il n’y a aucune alternative, qu’il ne fait pas prendre de risques aux patients et qu’il justifie d’une présomption d’efficacité. Il doit prévenir le patient des avantages et des risques et que sa prescription est hors AMM ».

Il en reste qu’il a fallu une procédure en référé devant le Conseil d’Etat engagée par le Syndicat des médecins d’Aix et Région ( SMAER) pour que ces conditions soient rappelées par l’Agence Nationale de Santé et du Médicament (ANSM) .

Effectivement, outre l’affaiblissement de l’hôpital, cette crise sanitaire révèle le sous-emploi d’une médecine de ville bridée dans ses moyens et la difficulté de soignants compétents à prescrire librement et à faire émerger publiquement les propositions thérapeutiques intéressantes.

sources :
Alerte des médecins au printemps 2020 :

annonce de laweb formation organisée par l’hôpital René Dubos à Pontoise pour les praticiens de ville :

Article du Dr Christophe Daviddu magazine Capital du 19 mars 2021 : « Ivermectine : la France passe-t-elle à côté d’un médicament efficace contre la Covid-19 ? »

Blog du Dr Gérard Maudrux le 21 mars 2021 : "Reconfinement , j’accuse"

blog.humeursmedicales du Dr Luc Perino article « je suis un virus » 11 janvier 1921

blog du Dr ChristianLehmann qui tient le journal d’épidémie sur Libération.fr/ : "souriez vous êtes vaccinés"

interview deMichel Quedville en janvier 2021 : on-ne-peut-pas-avoir-pour-seule-solution-le-confinement-ce-generaliste-qui-defie-le-conseil-scientifique/


Commentaires

Logo de Jean-Pierre Reyal
mercredi 5 mai 2021 à 19h04 - par  Jean-Pierre Reyal

Chère Madame
J’ai lu avec intérêt votre article sur "Covid et liberté : témoignages de médecins de ville".
Si je remplis les ellipses sur les soins précoces à base d’antipaludéen, je me sens très proche de ce que vous pensez.
J’ai d’ailleurs créé avec d’autres que vous connaissez probablement un groupe "Reaction Covid 95"
Nous nous préparons à interpeller les candidats sur le sujet de la stratégie de lutte contre le covid, et nous ne manquerons pas d’étriller ces candidats qui se prétendent de gauche, et qui sont néanmoins très insensibles aux drames humains générés par ce scandale sanitaire et très proches des laboratoires pharmaceutiques voyous.
Peut-être seriez-vous disposée à relayer notre pétition ?
https://www.leslignesbougent.org/petitions/covid-pour-un-retour-a-la-vie/
Bien cordialement
Jean-Pierre Reyal
Réaction Covid 95

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