L’intervention de Florence Chambon :
Depuis ce lundi, lundi 10 novembre, à 11h31, les femmes travaillent gratuitement. Autant dire que la répartition femme-homme dans les rémunérations est encore source d’inégalité.
En ce qui concerne la politique territoriale, il faut reconnaître que des efforts ont été réalisés depuis 2020 grâce à l’action des élu.e.s, Mmes Cabarrus et Packert et les chefs de services. Il y a donc des points positifs, mis en valeur dans le rapport, des améliorations qui permettront ou ont déjà permis de réduire les inégalités au sein des services de la ville.
Et il y a d’autres points qui méritent qu’on s’y attarde :
– Une part de temps partiel ou non complet très important pour les femmes. Soit à leur demande soit parce que le poste proposé n’est pas complet, (26% au-dessus de la moyenne nationale). Vos actions en regard de cette difficulté sont minces (mensualisation des agents vacataires). Il n’y a pas de caractérisation des emplois partiels dans le rapport mais il s’agit généralement des emplois les moins qualifiés. De ce fait, une priorité mise sur la formation continue des femmes occupant ces postes leur permettraient de sortir des emplois partiels ou non complets, au sein des services de la mairie ou ailleurs.
– Des écarts de salaires de 13 à 18% (de moins pour les femmes) du fait du déroulement de la carrière. Ce que ne dit pas le rapport, c’est que le déroulé de carrière des femmes est moins linéaire que celui des hommes du fait des grossesses, du fait que ce sont le plus souvent les femmes qui prennent un congé parental et gèrent au quotidien la maladie des enfants. Vos objectifs en regard de cette problématique sont particuliers : déculpabiliser les mères et soutenir les pères. Nous aurions fait le contraire : déculpabiliser les pères de s’absenter pour la garde des enfants et soutenir les mères qui demandent aux pères d’assurer la garde des enfants.
Les actions pour bousculer l’ordre établi des carrières hachées et des absences des femmes sont très minces. Il faut peut-être accentuer ce point pour le plan d’actions 2026 ?
La réponse de l’élu en charge des Ressources Humaines
La réponse de l’élu en charge du dossier a été très évasive et a enfoncé des portes ouvertes : on ne peut pas imposer des choix aux agents.
Certes, mais la politique RH peut amener une remise en question des ordres établis et faciliter l’émergence de vrais choix. Car une femme peu diplômée a-t-elle réellement le choix en terme d’emploi ? Ne se trouve-t-elle pas cloisonnée dans les emplois peu qualifiés qui sont souvent des emplois à temps partiel, non complet ou à horaires coupés pour des salaires les plus bas ?
Nous conseillons à la majorité de visionner l’excellent film de François Ruffin : Debout les femmes !
Nous conseillons aussi à la majorité de mettre en place un axe fort de formation qualifiante et diplômante en direction des employées peu qualifiées.



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