La LDH réagit à la politique sécuritaire à Pontoise

lundi 3 décembre 2012
par  Bénédicte ARIES
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La Ligue des Droits de l’Homme (LDH) partage l’analyse qu’ont fait les élus du Groupe municipal Pontoise Ensemble au conseil municipal de novembre 2012 sur le dispositif "voisins vigilants" qui heureusement n’a pas été mis au vote. Quant au projet de multiplication de caméras de surveillance sur les espaces publics (18 plus une mobile), sa réalisation reste assujettie au versement d’abondantes subventions dont nous espérons le report sine die.

COMMUNIQUE DE LA LIGUE DES DROITS DE L’HOMME

La Municipalité de Pontoise veut promouvoir la désignation de référents de quartier, courroie de transmission entre les citoyens et les forces de l’ordre, autrement dit la mise en place d’un système organisé de délation communément appelé « voisins vigilants ».

Cette opération consiste à faire appel à chaque citoyen pour assurer un rôle de vigilance et de maintien de l’ordre et est destiné, en fait, à réduire les effectifs de police et de gendarmerie.

Garantir la sécurité des personnes et des biens est une mission prioritaire de l’État et confier ce rôle aux citoyens n’est qu’une supercherie destinée à dissimuler ses carences et son désengagement dans son rôle régalien de sécurité publique.

Ces pratiques sont destinées à instrumentaliser le sentiment d’insécurité de nos contemporains, favorisant la mise en place d’une société sécuritaire et à demander aux citoyens de dénoncer leurs concitoyens. Ces innovations relèvent, comme aux meilleures années de régimes totalitaires, de pratiques qui sont inacceptables et indignes d’une démocratie.

La mise en place des « voisins vigilants » devrait être suivie de l’installation de caméras de vidéosurveillance, dont on est sûrs d’une seule chose : leur coût exorbitant, car la preuve de leur efficacité n’a jamais été démontrée.

La Ligue des Droits de l’Homme, très attachée à la sureté républicaine, s’insurge contre la mise en place de ces « milices citoyennes » qui ne peuvent se substituer ni à un vrai travail de prévention et de suivi avec des forces de police au service des citoyens, ni à un système éducatif et à une Justice aux moyens considérablement amplifiés.

Elle dénonce également la mise en place d’un système de vidéosurveillance sans efficacité qui ne fera qu’accroâtre les impôts locaux.

La Ligue des Droits de l’Homme demande donc l’abandon immédiat des deux projets.

Ligue des Droits de l’Homme
Fédération du Val d’Oise
06 89 18 34 78


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