Zérophyto : une nécessité partout et pour tous

samedi 6 juin 2015
par  Bénédicte ARIES
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Le 23 janvier 2014 l’Assemblée nationale adoptait la loi Labbé. Elle interdit le recours aux pesticides par les collectivités début 2017 et aux particuliers en 2022. Ce décalage serait dà » au délai nécessaire aux jardineries pour liquider leurs stocks de poisons divers.

C’est un changement des pratiques quotidiennes qui s’imposera à tous, employés municipaux comme concitoyens, et il est grand temps d’en prendre conscience et de s’y préparer.

Un impératif sanitaire et écologique

Entretenir l’ensemble des espaces verts de façon non toxique pour l’environnement, sera une réelle amélioration sanitaire pour les personnels communaux, comme pour les usagers. Les insecticides, herbicides et fongicides de synthèse, sont si actifs, qu’ils exterminent beaucoup d’insectes dont les abeilles. Ils sont malheureusement aussi neurotoxiques et perturbateurs hormonaux pour les organismes humains, ce qui est particulièrement dangereux pour les enfants.

La France est aujourd’hui le plus grand utilisateur de pesticides en Europe, et le 3e au monde. L’objectif du plan Ecophyto est de réduire de 50% l’usage de produits phytopharmaceutiques en 2018. A terme, seule l’agriculture pourra continuer à les utiliser.

Hélas, si la formation du monde agricole aux précautions d’usage de ces produits dangereux pour la santé des utilisateurs est enfin devenue plus rigoureuse, l’empoisonnement des riverains des champs et des vignes n’est pas encore suffisamment pris en compte. Encore un effort législatif à prévoir pour M. Labbé.

Zérophyto en Ile-de-France : le point 2015

Selon Natureparif, 95 % des 1 400 collectivités franciliennes déclarent s’être déjà engagées dans une réduction de l’usage des pesticides sur les espaces qu’elles gèrent. Le conseil général du Val d’Oise et 130 communes(dont Eragny et Courdimanche) affirment les avoir abandonné partout. Mais si 77% des collectivités d’Ile-de-France indiquent ne plus utiliser de pesticides dans leurs espaces verts, elles continuent pour leurs rues, terrains de sport ou cimetières.

Pontoise ne semble pas répondre à ces enquêtes... C’est bien dommage car cette nécessité semble au moins aussi importante pour une ville que l’obtention de la troisième fleur au concours des villes fleuries !

Le danger de la traque aux herbes folles

Une petite moitié des communes d’Ile de France a renoncé aux désherbants de synthèse pour ses voiries. Malheureusement à Pontoise le désherbage des trottoirs continue à être fait au glyphosate. Or ce produit, déclaré cancérigène probable par l’OMS, mais sur-utilisé par les agriculteurs, sature les nappes phréatiques !

En ville, les désherbants et les anti-mousses répandus sur les rues et allées bétonnées privées sont lessivés dès la première pluie. Ils arrivent donc vite dans les cours d’eau qu’ils polluent.

L’intérêt d’entretenir autrement le cimetière

Le cimetière est un site critique pour chaque commune. La consommation de désherbant y est traditionnellement très importante. Or cet espace public peut devenir un maillon des trames vertes destinées à héberger la faune et la flore, notamment les indispensables insectes pollinisateurs, si menacés. Pour cela, il faut en bannir les pesticides le plus tôt possible.

Les exemples de réussite ne manquent pas : Niort, Nantes, Fontainebleau, Versailles ont ainsi obtenu le label éco-jardin pour leurs cimetières. Versailles aura fait la transition en un an, après que les jardiniers, rodés par dix ans d’entretien des espaces verts et voieries sans pesticides, aient récupéré l’entretien du cimetière qui était géré auparavant par le service de l’Etat-civil.

Selon les responsables techniques et les élus qui réussissent, "le plus dur reste de convaincre les habitants que personne ne songe à abandonner leurs morts aux mauvaises herbes". Il faut faire beaucoup de communication et apprendre aux jardiniers à répondre quand on les questionne. A l’usage, il n’y a quasiment plus de lettres de reproches. 

Tôt ou tard, grâce à la loi Labbé, Pontoise finira par se résoudre au zérophyto. Mais, pour la santé de tous et pour l’environnement, c’est souhaitable avant 2020 !


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