En 2017 Philippe Houillon lançait en grande pompe le dispositif « Voisins vigilants ». Selon l’ancien maire « L’objectif était d’apporter la réponse la plus ciblée possible aux problèmes de délinquance. […] Il s’agissait également de développer la solidarité de voisinage en renforçant le lien social entre les habitants ». A l’époque cette initiative avait causé beaucoup d’opposition au sein du conseil municipal. Notre site c’en était d’ailleurs fait l’écho http://www.pontoisensemble.asso.fr/Echos-du-Conseil-municipal-du-28-septembre-2017
Las, la mise en œuvre de cette initiative pour le moins discutable s’est heurtée à de nombreuses difficultés « Y aura-t-il des voisins vigilants à Pontoise ? » titrait assez rapidement Le Parisien qui mettait en exergue les difficultés de la municipalité dans la mise en place de son dispositif. En fait celui-ci n’a jamais rencontré son public et seules quelques affichettes défraichies dans des sentes proches du centre-ville témoignent de cette tentative.
Pas rebutée par cette piètre expérience la majorité actuelle ressuscite cette initiative moribonde en la « relookant » sous le vocable de « Voisins citoyens » sans doute jugé plus mobilisateur. Une nouvelle fois il s’agit d’après M. Daoust premier adjoint de « contribuer au développement systématisé du partenariat de prévention entre d’une part les citoyens et leurs élus et d’autre part les services de l’Etat chargés de la sécurité, sur la base d’une adhésion librement consentie » de « de développer la solidarité de voisinage en renforçant le lien social entre les habitants ».
Mais en fait il s’agit une fois de plus de constater l’affaiblissement du service public de maintien de l’ordre et de déléguer cette mission régalienne à l’initiative de quelques citoyens.
Florence Chambon interrogeait « Quel bilan avez-vous tiré de cet échec de voisins vigilants ? Pourquoi Voisins citoyens serait-il plus couronné de succès ? » Elle s’inquiétait par ailleurs des critères de recrutement des citoyens volontaires de la difficulté de mesurer leur honorabilité et leur fiabilité, de leur formation, de leur encadrement et des possibles dérives. Elle interrogeait enfin sur l’évaluation du dispositif afin d’en mesurer l’efficacité, la pertinence.
Sur les critères de recrutement des voisins citoyens, M. Daoust se retranchait sur la Préfecture qui serait chargée d’évaluer les éventuels candidats : les conditions à minima étant « d’être majeur et de résider à Pontoise ». Est-il possible de demander moins ? Pour la formation au delà de la première journée de formation initiale il évoquait des rencontres avec la police municipale pour « réactiver » et une fois par an avec la police nationale pour « recadrer ». L’adjoint en charge de la sécurité, de la prévention et du civisme reconnaissait les dérives possibles « de citoyens curieux de la vie des autres » qui existent déjà en dehors du dispositif et avouait n’avoir « la dessus aucune main ni contrôle ». Pour l’évaluation, elle sera rendue publique au cours de chaque premier conseil municipal de l’année lors du bilan global de la sécurité sur Pontoise. Mais Monsieur Daoust ne disait rien de ses critères. Pour le bilan du dispositif Voisins Vigilants il avouait avoir dû se renseigner suite aux questions posées en commission mais qu’il n’avait aucun bilan.
Mme la Maire volait à son secours en précisant que ce premier dispositif des Voisins vigilants était limité aux quartiers Politique de la Ville donc circonscrit aux quartiers de Marcouville et des Louvrais et limité dans le temps sous l’égide du procureur de la République. Elle reconnaissait aussi « qu’une partie de la population n’était pas plus demanderesse que cela parce qu’il y avait une approche que l’on pouvait considérer comme intruse … en tout cas ce n’était pas mature » mais elle affirmait que le besoin de sécurité avait changé et arguait sans craindre la contradiction que c’était les Pontoisiens qui le demandaient.
L’avenir dira donc quel sera le sort de cette initiative. On peut cependant regretter qu’une nouvelle fois la majorité en place s’enferme dans le tout répressif en préférant renforcer l’esprit de délation plutôt que de s’attaquer aux vraies racines des problèmes d’insécurité dans notre ville.



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