10 ans et après ? Insécurité et incivilités : au-delà du ressenti

mardi 25 décembre 2018
par  Gérard Bommenel
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Malgré des statistiques de la délinquance qui montrent un recul des infractions le sentiment d’insécurité persiste dans nos villes. La faute peut être aux petites infractions commises et aux multiples incivilités de tout ordre.
C’est dans ce contexte que Pontoise Ensemble interrogeait sur le sentiment d’insécurité et sur les incivilités qu’il convenait de combattre en priorité pour satisfaire au mieux les pontoisiens.

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L’insécurité en France

Quel pourcentage de Français de plus de 14 ans ressent un sentiment d’insécurité demandait le quizz

 Plus de 50% ?
 Entre 30 et 50% ?
 Moins de 30% ?

Réponses : Selon l’observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) dans son enquête 2017 de victimation et perception de la sécurité, une moyenne de 21% de Français ressentent un sentiment d’insécurité dans leur quartier (26% des femmes et 16% des hommes) et 16% ressentent un sentiment d’insécurité à domicile (20% des femmes et 11% des hommes).
Les actes de terrorisme ont marqué les esprits en 2017 pour 32% des français. Le chômage est cité parmi les préoccupations majeures (23%), la pauvreté (13%) et la délinquance (9%), la sécurité routière, le racisme, la discrimination.

Le résultat global de l’étude est conforme au sentiment de notre échantillon cependant le nombre élevé de femmes qui ne se sentent pas en sécurité dans leur propre domicile (une sur cinq) a surpris. A l’analyse on peut se demander si le monde de violence affiché sur tous les écrans de télévision, d’ordinateurs et de portables ne participe pas à ce sentiment d’insécurité en faisant entrer une multitude de dangers réels ou imaginaires dans les foyers.

Il faut aussi noter, qu’au moment de notre réunion, plusieurs dizaines de milliers de femmes et d’hommes défilaient à Paris pour dire « Stop aux violences sexistes et sexuelles ». Le débat a ainsi permis de remémorer l’effrayant déni français des violences intrafamiliales. Un récent colloque de l’Association des Femmes au Conseil économique social et environnemental a rappelé les faits :en 2017 elles ont été 106 à mourir sous les coups de leurs conjoints ou ex-conjoints. Il a été calculé qu’il faudrait six fois plus de moyens pour protéger ne serait-ce que les victimes qui savent porter plainte avant une issue fatale.

Pour Pontoise précisément, on peut revenir sur la manifestation des adolescentes l’an dernier devant le lycée Pissarro : face au harcèlement sexiste (verbal et gestuel) elles n’étaient pas en sécurité à l’intérieur de l’établissement ! Pas plus que l’Observatoire national de la délinquance, le débat ne laissait le temps de s’interroger sur le sentiment d’insécurité des moins de 14 ans. Il aurait risqué d’être encore plus affligeant ! De fait notre société est assez violente et elle détourne trop souvent le regard, faute de savoir comment intervenir.

Mais il est possible de faire évoluer cette culture de la complicité passive : la médiation et la communication non violente, l’apprentissage de la résolution verbale des conflits, l’égalité de chacun-e, tout cela s’apprend, et dès le plus jeune âge. Les pays du Nord de l’Europe et le Canada sont de bonnes sources d’inspiration sur ce point.

Les incivilités à Pontoise

Nous demandions ensuite de classer les trois incivilités à traiter en priorité dans notre Ville en choisissant entre :
 Dépôts sauvages
 Déjections, mégots et autres souillures
 Stationnements gênants
 Tags
 Harcèlements de rue
 Nuisances sonores

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Le graphique des réponses donnait dans un mouchoir de poche le stationnement gênant suivi de très près par deux ex-aequo les dépôts sauvages et les déjections, mégots et autres souillures.

Les nuisances sonores arrivent très loin derrière avec trois fois moins d’intérêt suivies du harcèlement de rue qui ne semble pas préoccuper beaucoup nos concitoyennes et concitoyens.

Soulignons que les tags n’étaient jamais cités, une participante relevant même que certains tags s’apparentaient plutôt à des œuvres d’art de rue qu’il conviendrait de protéger. Tout cela devrait faire réfléchir la majorité municipale qui a fait de la lutte contre les tags sa priorité absolue dans le combat contre les incivilités.

Le stationnement gênant est donc le fléau qu’il faut combattre en premier et ce ne sont pas les bons conseils du type « Garons correctement nos véhicules » donnés en réunion de quartier par les adjoints au maire qui vont contribuer à la résolution de ce problème.
BMP - 172.6 ko Et il semble regrettable qu’on ne voit embarquer rapidement les voitures ventouses que lorsqu’elles gênent une animation municipale. Il conviendrait plutôt, comme nous le soulignions dans un article du mois d’Août (Où en est la lutte contre les incivilités automobiles ?), de réaligner les missions des Assistants de Sécurité de la Voie Publique pour faire respecter sans passe-droit toutes les interdictions, s’occuper plus rapidement des voitures ventouses et d’empêcher les stationnements bloquant la circulation par une adaptation ad-hoc de la voirie.

Enfin comme le prévoit le PLD (Plan Local de Déplacement), il conviendrait de revoir les plans de stationnement partout où des conflits d’usages de la voirie ont été observés sans attendre l’arrivée du nouveau parking de centre-ville.

La lutte contre les dépôts sauvages est une gageure dans toutes les villes de l’agglomération et même dans les communes du Vexin. La densité de l’habitat conjuguée à la fréquence des déménagements et du renouvellement du mobilier multiplie les besoins de collecte. A Pontoise le ramassage des encombrants est fait sur rendez-vous avec des délais trop longs pour ceux qui déménagent dans l’ensemble des quartiers.
En hyper-centre-ville la reprise d’une collecte mensuelle le 4e mercredi du mois est une bonne chose qui facilite le recyclage. Elle est hélas insuffisante au vu des mouvements nombreux de résidents mais aussi des besoins des commerces. Il manque une collecte à la demande qui pourrait être pilotée via l’application smart phone tant vantée par la municipalité.

Depuis plus d’un an c’est la Communauté d’Agglomération de Cergy-Pontoise qui est en charge de toutes les collectes de déchets et de leur traitement. Est-ce cette cohérence qui a permis de voir installer le premier cache container métal rue de la Bretonnerie ? Pourquoi ne pas poursuivre dans cette voie et multiplier ces espaces de collecte ? On pourrait aussi remettre en service les bacs jaunes et multiplier les containers enterrés qui font trop timidement leur apparition dans la ville afin d’éviter les sacs poubelles et autres déchets qui traînent.

Tout cela aidera à éliminer les multiples souillures qui défigurent nos espaces publics et contribuent au sentiment d’insécurité de nos concitoyens. Des poubelles publiques plus présentes, faciles à trouver et vidées en proportion de leur usage y contribueraient aussi. On peut voir combien c’est problématique à proximité de l’office de tourisme chaque week-end. De même la signalisation de toilettes publiques et gratuites est indispensable à une ville qui se flatte d’être un pôle touristique.

Dans les zones fumeurs aux trottoirs constellés de mégots que sont les abords de certaines terrasses de bars, d’établissements d’enseignement secondaires et des secteurs de gare et de bureaux comme le Palais de Justice l’installation de cendriers imposants seraient sans doute bienvenue. Les poteaux creux sont vite saturés. Certaines villes proposent des panneaux ludiques de dépose chewing-gum… Les balayeurs municipaux sauraient très bien où les installer.
Enfin pour inciter les promeneurs de toutous à récupérer leurs crottes il faudrait multiplier les distributeurs de sac encore trop peu disséminés dans la ville.

Cependant in fine aucune Ville n’a pu éviter d’en arriver à verbaliser les récidivistes. Toutes ces incivilités sont des infractions susceptibles d’amende ! L’ensemble de ces actions nécessiterait autant de volonté politique que la « renommée » brigade anti-tags !

Pour en savoir plus :

Harcèlement scolaire : encore trop mal combattu

Videosurveillance : Désintox

Débat sur l’insécurité à Pontoise : un premier échange qui donne envie de continuer...

Pontoise : où sont les gardiens ? Retour sur le débat du 7 octobre 2009

Synthèse du Plan Local des Déplacement de l’agglomération de Cergy-Pontoise


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