10 ans et après ? Le logement à Pontoise

lundi 17 décembre 2018
par  Bénédicte ARIES
popularité : 44%

Pontoise est une ville d’un peu plus de trente mille habitants et c’est la plus dense de l’agglomération de Cergy-Pontoise. Elle se densifie encore sur les secteurs centraux de l’agglomération de Cergy-Pontoise -en bord d’Oise et de gare et sur la ZAC Bossut du plateau Saint Martin.
Il était bon de faire le point sur les logements qui existent à Pontoise comme sur ceux qui lui manquent.

Dominante pavillonnaire ou collective ?

Le quizz interrogeait sur le pourcentage de maisons individuelles par rapport à l’ensemble des logements à Pontoise. Il proposait plus de 50%, entre 30 et 50%, moins de 30% de pavillons ?

L’Insee recensait 13 689 logements à Pontoise en 2015 dont 3 308 maisons individuelles (soit 24,2%) et 10 192 appartements (soit 74,5%). Les autres logements sont des logements collectifs non familiaux comme les foyers de jeunes travailleurs, résidences étudiantes, les foyers de jeunes et les résidences sociales etc…).

Ces logements non familiaux sont relativement nombreux car Pontoise est une ville ancienne bien desservie par les transports en commun, ce qui est favorable aux établissements particuliers, grands ou petits. Les années 70 ont ainsi vu la construction de foyers de jeunes travailleurs, aux Louvrais, à Marcouville et plus récemment près de l’université St Martin. L’importante résidence sociale des Villageoises réunissant maison de retraite, foyer de jeunes travailleurs et maison d’accueil des sans logements a été conçue à la même époque par une association pontoisienne. Elle n’a cependant trouvé sa place qu’en ville nouvelle sur le quartier de la Justice à Cergy. L’existence de très grandes maisons du XIXe siècle, inadaptées aux familles actuelles, et la proximité des autorités de l’Aide sociale à l’enfance et de la Protection Judiciaire de la Jeunesse ont favorisé l’insertion discrète dans le tissu urbain de plusieurs foyers de jeunes qui ne peuvent vivre dans leurs familles. Ils y sont encadrés par des éducateurs spécialisés.

Que faut-il construire à l’avenir ?

Pontoise Ensemble demandait de prioriser trois types de logements à construire à Pontoise parmi six propositions : les logements locatifs (individuels ou collectifs), les logements en accession à la propriété, les résidences étudiantes, les résidences jeunes travailleurs, les résidences seniors et les résidences intergénérationnelles mixant personnes âgées et familles de toute taille.

Le graphique des réponses est instructif.
JPEG - 73.5 ko
Les locations et les résidences intergénérationnelles sont préférées aux programme en accession à la propriété et aux logements dédiés à une seule classe d’âge, qu’il s’agisse des seniors ou des jeunes travailleurs. Les logements dédiés les plus demandés sont les résidences étudiantes.
Le parcours résidentiel , c’est-à-dire la succession des logements qu’une personne occupe dans sa vie, doit être fluide. Cela passe par des locations accessibles à ses moyens et compatibles avec l’évolution de ses besoins. L’accession à la propriété peut devenir un véritable frein à la mobilité professionnelle si nécessaire en début de vie active.

Les seniors ne se projettent pas dans un silo à personnes âgées, mais ne savent comment quitter un domicile devenu trop grand ou trop lourd à entretenir. Les jeunes travailleurs n’ont pas toujours les moyens émotionnels et financiers de s’installer seuls et c’est encore plus difficile pour les apprentis en cours quelques semaines par trimestre parfois très loin de leur entreprise. Les étudiants peuvent souffrir de solitude dans une ville inconnue, si confortable soit leur studio étudiant. Ils ne cherchent pas tant une salle de bain et une cuisine particulière qu’un lieu de vie chaleureux en petit groupe avec des espaces de vie communs . Certaines résidences étudiantes qui l’ont compris proposent des co-locations. Malheureusement à Cergy-Pontoise celles-ci sont réservées aux premières années de l’Essec. Du coup ces étudiants cherchent la même chose les années suivantes, dans les copropriétés familiales, où leurs multiples déménagements et le mode de vie étudiant dérangent. Le manque de résidences étudiantes est criant et à Pontoise ce sont les copropriétés des Larris et maintenant des Maradas qui subissent les inconvénients de la multiplication exponentielle des co-locations étudiantes !

Le graphique ci-dessus est une condamnation nette de la politique actuelle de la Ville depuis plusieurs mandats. Elle n’avait accepté les programmes locatifs de la ZAC Bossut que parce qu’il fallait loger les gendarmes du pôle national de police scientifique. Elle a refusé la transformation du gros immeuble de l’ex-tribunal annexe en résidence étudiante de centre-ville lors du dernier mandat 2008-2014. C’était une propriété du département, intelligemment pensée dans les années 80 pour être transformée facilement en logement via l’office HLM du Val d’Oise. Ce bâtiment est promis à une démolition-reconstruction de promoteurs privés. La Ville programme une résidence senior privée qui ne trouve pas d’investisseurs sur les quais de l’Oise… Du coup ce n’est plus qu’une vente en co-propriété avec suggestion de recourir à une association nationale d’aide aux personnes agées pour les repas ! Le risque de voir la 2e résidence senior envisagée en zone gare suivre le même chemin est réel car ici aussi aucun investisseur n’est identifié.

Pontoise Ensemble a déjà fait part de l’intérêt des résidences intergénérationnelles à l’inauguration de celle de Menucourt, suivie d’une à Cergy, d’une autre à Vauréal... Elle a aussi fait part de l’intérêt des moyennes communes de l’agglomération pour l’habitat participatif. Ces immeubles extrêmement qualitatifs devraient être encouragés pour ensemencer les quartiers nouveaux afin qu’ils ne soient pas un simple empilement d’habitants sans lien fort. Une résidence existe à Jouy–Le-Moutier depuis les années 80, une est en phase d’appel d’offre à Courdimanche pour 11 logements dont 3 sont disponibles.

Oui, à Pontoise, on peut penser autrement l’habitat, pour qu’il soit facteur de lien social et non seulement abri bien aligné sur la rue, mais pour cela il faut une volonté politique. Ce qui depuis bientôt trois mandats, est loin d’être le cas.

Pour en savoir plus :

Changer le regard sur la population âgée : un impératif politique

Clefs pour l’habitat Participatif

Résidence intergénérationnelle : un atout urbain à ne pas négliger à Pontoise


Commentaires

Brèves

1er décembre 2016 - Réunion publique le 14/12/2016 : aménagement du stationnement rue Pierre Butin

La mise en place d’un radar a démontré en 2014 que la limitation de vitesse à 30 km/h sur la rue (...)