Réunion de quartier : une parole monopolisée

lundi 8 décembre 2014
par  Bénédicte ARIES
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Annoncée comme devant durer 1heure et demi avec six points à l’ordre du jour, la réunion de quartier du centre ville du 27 novembre en a largement duré plus de trois, avec une prise de parole du maire de plus d’une heure...

Entassés dans une salle du conseil insuffisante, les bons élèves des premiers rangs n’ont pas pu s’esquiver discrètement comme l’ont fait les rangs du fond, pour certains las de rester debout.

Trop de sujets à l’ordre du jour, trop de temps de parole monopolisé par le Maire, impossibilité de poser la moindre question aux directeurs de service présents : tout cela a créé la frustration de nombreux habitants pourtant venus motivés.

Fibre optique : urgence pontoisienne vraiment ?

Au vu des rares foyers abonnés (900) sur les 5 000 foyers raccordables, le sujet ne vraiment méritait pas de monopoliser le début de la réunion. N’aurait-on pu apprendre dans le journal municipal que la connexion pour les pavillons des quartiers desservis par ligne enterrée serait facturée 149 euros, mais que pour ceux dont l’électricité arrive par fil aérien et poteaux cela coûterait 299 euros. Tout Pontoise serait bouclé au printemps.

Débat avec les habitants ou propagande ?

Le maire s’est étendu un long quart d’heure sur la situation financière de la ville. Il avait dit la même chose à la réunion d’un autre quartier (cf le journal municipal de novembre, page 21). Y aurons-nous une "seconde couche" en janvier ?

Premières informations spécifiques au quartier

Un heure après le début de la réunion, l’adjointe à l’urbanisme a évoqué les projets immobiliers pour lesquels sera à chaque fois prévue une réunion dédiée pour les riverains en temps et heure : jury pour un nouveau projet sur l’ex-tribunal annexe, grosse opération pour la zone gare, friche Harengerie...

On apprend dans les quelques remarques du public que la simple rénovation de la Banque de France a engendré des dégâts dans un immeuble voisin. Voilà qui justifie largement les inquiétudes des riverains des futurs chantiers de construction. Curieusement, la reprise du fret ferroviaire est un non sujet.

Avec la très longue intervention du maire pour évoquer la question du parking de centre-ville, à envisager après le traitement prioritaire de l’âlot Lemercier (des fois qu’on y placerait un bout de parking ?) ce point de l’ordre du jour aura duré une heure.

Problèmes de propreté en vue sur le centre

Deux heures après le début de la réunion l’élu délégué avertit de la baisse de fréquence des tournées de ramassage sur toute la ville, avec une brève interruption du maire. Les échanges sont houleux : il fut impossible aux habitants de faire entendre par l’élu municipal que le manque actuel de bacs avec six passages rend impossible de supprimer impunément des collectes sans y remédier. Ce fut un beau moment de surdité, même si l’instauration d’une collecte le samedi soir s’avère positive, et qu’il ait été assuré que le contrat prévoyait de remettre une autre collecte sur le centre si indispensable.

Fin de la gratuité du parking résidentiel

Un adjoint a présenté rapidement l’instauration du nouveau macaron résident : millésimé et payant à 8 euros/mois. Il a affronté brièvement la bronca d’habitants scandalisés qui trouveraient normal pour cette somme d’avoir le droit de stationner en bas de chez eux, même en zone interdite au stationnement résidentiel.

Subtile exégèse sur la vidéo-surveillance

Trois heures après le début de la réunion un des plus jeunes conseillers faisait rapidement l’exégèse de la vidéo surveillance "active" ou "passive" et précisait qu’elle ne serait pas utilisée comme à St Ouen l’Aumône pour verbaliser les véhicules. Voilà de quoi calmer les conducteurs indélicats...

Les questions portaient plutôt sur le fonctionnement de la police municipale. Le Maire reprit la parole un quart d’heure sur son budget de fonctionnement et clôtura la séance juste à temps, à 23h57. Ouf ! Les carrosses ne s’étaient pas encore transformés en citrouille.

Un programme de réunion irréaliste

Les partants de la première vague peu après 22h30 n’avaient vu aborder que deux points de l’ordre du jour. Peu d’intervenants ont su respecter le temps imparti, sauf à partir de 23h10. Pendant le brouhaha de la 2e vague de départ, les valeureux élus à la Culture et aux Travaux ont lu à toute vitesse leur présentation de la rénovation de la façade nord de l’église St Maclou et du coût des travaux réalisés sur les vitraux. Les sujets de parking résidentiel et de vidéo-surveillance ont été traités sur le même tempo, avec quelques brefs échanges avec le public.

En dehors des motivés des associations de quartier,

nombreux sont les Pontoisiens qu’on n’y reprendra plus.


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